
Ce lundi 12 octobre, le Théâtre de Passy faisait salle comble pour célébrer la dixième édition du Festiv’Allais, placée cette année sous le signe de la musique. Sous la présidence d’honneur d’Anny Duperey, et sous l’impulsion de Philippe Davis, notre Président, et de Patrice Drevet, notre Chancelier, la soirée n’avait aucune chance d’être ennuyeuse.
Dix ans, 31 artistes et quelques entorses à la jeunesse

En guise d’ouverture, Philippe Davis rappela que, depuis sa création en 2017, le Festiv’Allais avait distingué 31 artistes, dont 10 femmes, notre académie s’attachant à respecter la parité : à savoir pas plus de femmes que d’hommes !
La vocation du festival ? Récompenser de jeunes comédiens-auteurs, déjà confirmés dont le talent perpétue l’esprit délicieusement décalé d’Alphonse Allais. Mais pour ce dixième anniversaire, il fallait voir grand. Le jury décida donc de couronner deux personnalités à forte notoriété, deux jeunes artistes, certes, mais « moins que d’habitude », dixit Philippe Davis.
Les heureux élus ? Dave et Thomas Dutronc. Parrainé respectivement par Grégoire Lacroix et Raphaël Mezrahi, chacun devait recevoir des mains de Patrice Drevet la prestigieuse Comète d’Allais. Une distinction qui, selon Philippe Davis, allait « enfin donner à leur carrière la dynamique qu’elle méritait depuis longtemps ! »
Il était temps, en effet !
Anny Duperey, hommage à Marie Paule Belle

L’humour n’interdit pas l’émotion. C’est dans ce Théâtre de Passy, qu’Anny Duperey avait vu pour la dernière fois sur scène sa chère amie Marie-Paule Belle, disparue récemment. Elle l’avait elle-même parrainée lors de son entrée à l’Académie en mars 2022.
Avec une émotion communicative, Anny lui rendit donc un très bel hommage en reprenant l’une de ses chansons « Les Petits Dieux de la Maison », accompagnée au piano par Patrick Laviosa, puis en relisant le discours qu’elle avait prononcé lors de son intronisation.
Dave : des chansons inédites très chères à son cœur

Puis ce fut le tour de Dave de monter sur scène. Guitare à la main et malice au coin des lèvres, il choisit de nous offrir deux chansons composées à l’âge de 14 ans. Deux œuvres demeurées parfaitement inédites, « ni efficaces, ni commerciales ! » comme le soulignait Dave. Autrement dit, deux chansons qui avaient toutes les qualités requises pour ne jamais devenir des tubes. Dave nous confia ensuite qu’on le complimentait régulièrement pour son esprit, son humour et son intelligence, mais fort rarement pour sa voix. Pour dissiper ce malentendu, il nous gratifia de quelques vocalises spectaculaires, souvenirs de ses cours de chant lyrique. De quoi rappeler qu’avant de faire rire, Dave est bien un chanteur ! Avant de recevoir sa Comète de Allais, Dave dut se soumettre aux deux questions de son parrain, Grégoire Lacroix, lequel rappela fort à propos que « l’humour est à la difficulté ce que la rampe est à l’escalier ». Deux questions qui ouvrirent la porte à quelques anecdotes aussi croustillantes qu’inattendues. Puis vint le moment tant attendu de la remise du fameux Graal. Après avoir salué la très belle carrière de Dave non sans humour, rappelant notamment que, venant des « Pays-Bas, il ne pouvait que s’élever », notre chancelier Patrice Drevet lui passa solennellement la précieuse distinction autour du cou.
Thomas Dutronc : faire sourire en musique

Thomas Dutronc prit ensuite possession de la scène avec cette élégance nonchalante qu’on lui connaît. Pour honorer son intronisation, il avait choisi plusieurs chansons de son répertoire dont les textes, pleins de fantaisie, de jeux de mots et de malice, semblaient avoir été écrits pour l’occasion. Entre humour, jazz manouche et poésie, il démontra que l’on pouvait parfaitement avoir de l’esprit sans perdre le sens du rythme.
Son parrain Raphaël Mezrahi, quant à lui, nous fit profiter de son humour décalé usant de digressions totalement absurdes présentant Thomas sous un angle très inattendu : un passionné de tricot ! Puis tous les deux s’adonnèrent à une forme de joute humoristique en nous donnant les règles d’un jeu « Rire expérimental » basé sur des trios de mots qui n’ont rien à voir ensemble….

Au terme de cette dixième édition, Jean-Marc Tarrit, président d’honneur du musée de Montmartre remettait en cadeau à chacun de nos deux impétrants une toile de sa création et les Frères O’Conolly, fidèle duo musical de cors de chasse de l’académie clôturaient cette magnifique soirée en musique.
