Jean-Claude Carrière intronisé

Une sacrée carrière entre à l’Académie Alphonse Allais

Jean-Claude Carrière, nouvel Académicien Allais

Le 15 mai 2017, grâce à l’aimable et prestigieuse SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques), notre Académie a reçu officiellement dans ses rangs l’immense écrivain, dramaturge et scénariste qu’est Jean-Claude Carrière.

Son parrain devait être Pierre Étaix, avec lequel il a collaboré pour une majorité de ses films. En l’absence du cinéaste, appelé à d’autres charges (il fut chargé, en octobre dernier, d’aller faire rire un autre monde), nous lui avons trouvé trois remplaçants, trois Académiciens de renom – il en fallait au moins trois, si l’on considère le parcours de l’impétrant : Philippe Geluck, accouru de Belgique pour honorer son œuvre de dessinateur ; René de Obaldia, notre Académicien français, pour son œuvre littéraire et théâtrale ; Claude Lelouch, pour son œuvre de scénariste*.

Jean-Claude Carrière et ses trois parrains : René de Obaldia, Philippe Geluck et Claude Lelouch

* Petit rappel à l’usage des alzheimers : cahiers de dessins, poèmes, 30 films (avec Bunuel, Étaix, Godard, Rappeneau, Louis Malle, Volker Schlöndorff), autant de pièces et d’adaptations pour la scène… Quelques titres : Le Mahabharata, Harold et Maude, Le Retour de Martin Guerre, Yoyo, Belle de Jour, La Piscine, Milou en mai, Cyrano de Bergerac… Nombre de romans et d’essais, dont La Force du Bouddhisme (avec le Dalaï-Lama), un essai avec Umberto Eco, et récemment Croyance… Il travaille actuellement à un essai philosophique sur l’astrophysique… Commandeur de la Légion d’Honneur, une nomination aux Oscars, six aux Césars, un Molière… et j’en passe !

On n’avait encore jamais vu autant d’Académiciens réunis autour d’un nouveau membre. Avec raison : l’homme est l’une des plus grandes plumes de notre siècle. Il s’est même offert le luxe de jouer dans certaines de ses pièces ! Pour évoquer, genre par genre, l’incroyable diversité de ses talents, les discours se sont succédé : Xavier Jaillard a parlé de ses rapports avec la musique, accompagné à la harpe par la soliste Céline Mata… et le cymbaliste Alex Vizorek, qu’on envoya terminer sa partition dans la cour ; Grégori Baquet entreprit de nous déclamer en sanscrit l’intégrale du Mahabharata (250 000 vers, mais on l’a interrompu au deuxième pour qu’il aille terminer dehors, avec Vizorek) ; Grégoire Lacroix a parlé de ses rêves, Philippe Person de son cinéma, Claude Turier de ses dessins (il lui en a même offert un) ; Albert Meslay a traité des dons multiples, et Jaillard est revenu sur scène pour un clin d’œil sur ses rapports avec Dieu, avec un texte de Raymond Devos.

Et les trois parrains ont salué le maître, chacun pour sa spécialité.

Cinq agences de presse firent crépiter les flashes, un vidéaste a réalisé le reportage de l’événement.

Il faisait, ce 15 mai, un temps magnifique. On a dégusté au jardin les côtes chalonnaises du château de Couches, fleuron du Sud Bourgogne. Et la cérémonie s’est prolongée tard dans la nuit par un dîner rue Blanche.

Ce fut l’une de nos plus belles réunions.


L’album photo

(photos : Raymond Delalande)